Cinqueterre
Cinqueterre porte bien son nom.
Ses parents, persuadés du bien fondé de leur saillie poétique, avaient décidé de l’appeler ainsi à cause de sa maladie : une pigmentation folklorique de la peau au niveau du visage. Elle arborait un faciès bariolé, de l’ivoire à l’ébène, qui faisait penser à une mosaïque abstraite, et qui avait rappelé à ses géniteurs les couleurs vives des villages des Cinque Terre en Ancienne Italie.
Très joviale, trop pour que ça ne soit pas suspect, Cinqueterre entretient des liens forts avec le petit groupe d’amis qui a accompagné son adolescence sur la cote niçoise et son arrière-pays montagneux. Dans le havre climatique que constitue la région, elle pratique régulièrement la plongée avec Esther, son meilleur ami — ou sa meilleure amie selon le jour — et nourrit une passion dévorante pour le jardinage depuis qu’elle a découvert ses secrets dans le petit jardin de Théodore, un orphelin passionné par la Terre et ses interactions avec la vie.